C'est le chantier d'isolation le plus court, souvent une journée, et celui dont on parle le moins. Poser l'isolant est simple. Ce qui fait la différence entre une isolation qui tient trente ans et une isolation décevante tient à six détails que personne ne revoit une fois la trappe refermée.
Chantier ECOTOIT, Gironde
Isoler des combles perdus, c'est le chantier que tout le monde conseille et que personne ne raconte. Il est court, il ne touche pas aux pièces de vie, et il change le confort dès le premier hiver.
C'est justement parce qu'il va vite qu'il se bâcle facilement. La pose de l'isolant occupe une petite partie du temps ; le reste — et c'est là que se joue le résultat — tient à des détails que plus personne ne reverra.
Soufflé ou déroulé
Deux techniques, et le choix se fait presque toujours sur l'accès.
Le soufflage projette un isolant en flocons à la machine, depuis un point unique. Il va se loger partout : entre des solives serrées, dans les angles, sous les arbalétriers d'une charpente à fermettes où personne ne circule. C'est la solution des combles difficiles.
Le déroulé, en rouleaux ou en panneaux, demande un plancher accessible et régulier. Il a l'avantage d'être lisible : on voit ce qui est posé, et on peut circuler dessus si un cheminement est prévu.

Les six points qui décident du résultat
Deux méritent un mot de plus, parce que ce sont les deux qui se retournent contre la maison.
La ventilation du toit. Les entrées d'air en pied de versant ne se bouchent pas. La charpente et la sous-face de la couverture sèchent par là, et un isolant poussé jusqu'en butée coupe cette circulation. Le désordre ne se manifeste pas tout de suite — et quand il se manifeste, c'est sur le bois.
Le conduit de fumée. L'isolant ne vient pas à son contact. On laisse un écart, et un coffrage le maintient, sinon l'isolant reflue tout seul contre le conduit au fil des mois.
Ce qu'on regarde avant de monter
L'état de l'isolant existant. Sec, non tassé, sans trace de rongeurs : il peut rester et recevoir une couche par-dessus. Humide ou affaissé : il se dépose.
La charpente. Des combles sont le seul endroit d'où l'on voit une charpente sans rien déposer. Autant en profiter — c'est là qu'on lit son état.
Ce qui traverse le plancher. Gaines électriques, conduits, extracteurs, trappes techniques : chacun est un point à traiter, et chacun prend quelques minutes qu'un devis honnête prévoit.

Quel isolant
Pour des combles perdus, la contrainte d'épaisseur disparaît : le volume est libre, et rien n'empêche de poser épais. Cela change le raisonnement par rapport à un rampant, où chaque centimètre compte.
Le sujet est développé dans ce que les isolants biosourcés changent.
Vérifier avant que l'entreprise ne parte
C'est le conseil le plus utile de cet article, et il ne coûte rien : montez regarder avant la fin du chantier.
Une trappe non traitée, un spot noyé, un cheminement absent se corrigent en une heure ce jour-là. Deux ans plus tard, il faut remonter une machine et redéplacer l'isolant.
Pour aller plus loin
Cet article fait partie de notre dossier sur l'isolation d'une toiture. Si vos combles sont habitables, regardez plutôt le sarking.
Pour savoir ce que donneraient vos combles, nous venons les mesurer gratuitement.
Questions fréquentes
Soufflé ou déroulé, lequel choisir ?
Le soufflage l'emporte dès que les combles sont difficiles d'accès ou encombrés : l'isolant en flocons se projette à la machine depuis un point unique et va se loger partout, y compris entre des solives serrées et dans les angles où personne ne passerait. Le déroulé, en rouleaux ou panneaux, se justifie quand le plancher est dégagé et régulier, et quand on veut garder la possibilité de circuler ensuite. Sur beaucoup de maisons les deux conviennent, et c'est l'accès qui tranche.
Faut-il enlever l'ancienne isolation ?
Pas systématiquement. Un isolant ancien mais sec, non tassé et sans trace de rongeurs peut rester en place et recevoir une nouvelle couche par-dessus. En revanche un isolant humide, affaissé, ou qui a servi d'abri à des animaux, se dépose : il ne retrouvera pas ses performances, et le laisser revient à poser du neuf sur un problème. Cela se juge en montant regarder, pas depuis le sol.
Combien de temps dure le chantier ?
Souvent une journée pour une maison individuelle, parfois moins. C'est ce qui en fait le chantier d'isolation le plus facile à caser, et aussi celui où la tentation d'aller vite est la plus forte. Le temps réellement utile n'est pas dans la pose de l'isolant : il est dans le traitement de la trappe, des spots, du conduit et du cheminement.
Comment vérifier que le travail est bien fait ?
Montez regarder avant que l'entreprise ne parte, et vérifiez quatre choses : la trappe est isolée et se referme correctement ; les spots sont sous capot et non noyés ; l'isolant ne touche pas le conduit de fumée ; et il ne bouche pas les entrées d'air en pied de versant. Si des réglettes de repérage ont été posées, elles vous diront la hauteur obtenue — ce jour-là et dans dix ans.

